Assemblée nationale : Le député béninois a-t-il conscience des devoirs de son mandat ?



Quand le député est élu, il l'est en tant que représentant peuple, de tout le peuple béninois, sans distinction de sexe, de religion, de philosophie, d'appartenance à une ethnie ou région. Bref, le député est l'élu du peuple béninois qui l'a choisi non pas pour chercher au parlement une assurance matérielle personnelle ou une protection judiciaire par l'immunité que lui accorde son statut, et ce par la volonté du peuple inscrite dans la constitution et non pour user à sa guise du statut de l'élu sans tenir compte de l'intérêt général. Même si le système électoral s'accommode malheureusement du poids de l'argent, le député ne doit point se mettre dans la position de croire qu'il a acheté son élection et qu'il peut faire de son mandat à sa guise.
Si le parlementaire siège au parlement après son élection il devrait dans l'hémicycle, et en toute honnêteté envers ses élus, prendre la peine de les consulter, de temps en temps, surtout lors des débats sur des dossiers qui mettent en danger le consensus politique et le progrès du pays, afin de savoir leurs opinions, leurs aspirations sur la façon de traiter les problèmes soulevés. Autrement dit –vérité de la Palisse- un parlementaire qui jouerait bien son rôle de mandant du peuple et dans l'intérêt du peuple ne devrait pas d'abord faire des fixations sur la seule lutte majorité/minorité, mouvance/opposition ou sur les seules questions des avantages présents ou futurs sans retourner à la base.
Retourner à la base, expliquer en toute honnêteté les raisons qui le poussent à faire des choix contraires aux visions qui ont incité le peuple à voter pour sa liste qui lui permet de siéger au parlement. Dès qu'il devient parlementaire la logique et l'éthique voudraient que son souci majeur soit de travailler à protéger, à garantir, non seulement les acquis démocratiques mais à également à veiller sur les intérêts du peuple en faisant pression ou en donnant les moyens au gouvernement (projets de loi ou propositions de loi dans tous les domaines d'amélioration de l'environnement économique, social et politique, vote des lois de finance, interpellations de l'exécutif...) de satisfaire les grandes aspirations des Béninois. Ce sont essentiellement, la lutte contre la grande pauvreté(surtout la pauvreté monétaire) l'amélioration du cadre et du niveau de vie du maximum des citoyens, l'éradication du chômage, l'accès aisé à la santé et à l'éducation de qualité pour le maximum des Béninois, la lutte contre la corruptions, le réarmement moral et la lutte contre l'économie parallèle qui appauvrit l'Etat et le peuple, la protection des droits humains et politique, le bon fonctionnement de la démocratie, l'éthique dans la gouvernance politique, économique et sociale... Le député est l'½il du peuple et sa voix.
Pour cette raison, il devrait avoir ce souci de consulter le peuple, être à l'écoute de l'opinion, ne pas faire comme si, seul ce qu'il pense ou sa formation ou famille politiques édicte, suivant les intérêts du moment, qui doivent prévaloir sous le parapluie du peuple qu'il représente. Chaque groupe parlementaire, chaque député devrait se soumettre à ce sondage du peuple pour voir dans quelle mesure ses actions et ses prises de position sont encore en phase avec la volonté du peuple électeur.
Par quels moyens faudra-t-il le faire ? Il appartient à l'assemblée nationale, aux groupes parlementaires et au cabinet de chaque député, de sonder l'opinion sur les prises de position et les actions des parlementaires. Il y a des cabinets experts en la matière, mais pour des raisons de coûts, les députés peuvent aussi, en dehors de leurs tendances, avoir des canaux d'information assez fiables. Même si la presse en est un, elle n'est pas souvent assez neutre pour donner toute la quintessence de la vraie pensée de l'opinion publique. Cet exercice est utile parce que non seulement 'il rapprochera la représentation nationale du pays profond dans sa globalité, renforcera sa crédibilité et effacera cette impression que le citoyen moyen a de constater que tout fonctionne au parlement comme si seuls les intérêts des uns et des autres, étaient le soubassement du débat parlementaire. Les transhumances, les retournements spectaculaires d'alliances au gré des dossiers, les guerres de tranchées dans lesquelles on réussit à bloquer les débats, l'usage du règlement intérieur comme une arme redoutable...une impression de croc en jambe permanent. Dans cette ambiance de défiance et d'entourloupette répétitives, le parlement ne s'éloigne-t-il par de ses grandeurs historiques dans la représentation du peuple ? La mission parlementaire au nom de l'intérêt a besoin encore de réflexions et d'actions pour que les députés soient plus engagés pour le peuple.
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# Gepost op zondag 11 oktober 2009, 12u15

Communication : Quand les organes de presse brade les tarifs publicitaires


Agences, cellules de communication d'institutions, d'événements ponctuels ou du gouvernement, par manque de professionnalisation du secteur, beaucoup de personnes n'ayant pas la formation et l'expérience avérées s'engouffrent dans le métier en le réduisant à une sorte de « griotisme » sans considération des valeurs professionnelles qui la soustendent, ni les compétences multiformes de ceux qui pensent et construisent la communication.
Dans notre système de communication, dévoyé par les politiques, ce ne sont pas les professionnels qui travaillent sur une base technique mais des annonceurs qui prennent leur vision et leur conception de la communication pour la réalité communicationnelle ; pourvu qu'ils en payent le prix. Et quel prix !
Le Bénin est sans nul doute un des pays les plus en vus en Afrique, en ce qui concerne la volonté de ses décideurs et de ses politiciens de faire de la propagande politique ou de vendre leurs services ou leurs produits par communication. Pourtant, malgré la passion de quelques agences de communication qui font le métier sur le tas, et de quelques professionnels(rares), le Bénin reste encore le pays de l'Afrique où les décideurs ne sont pas prêts à payer le prix des objectifs qu'ils fixent à une action publicitair,e commerciale ou de propagande. Les premières victimes de cet état d'esprit, ce sont d'abord les médias audiovisuels et les supports imprimés d'information, c'est-à-dire les les radios et les télévisions nationaux et les journaux dont on connaît la prolifération sur un marché publicitaire de plus en plus étroit. Peu d'annonceurs et beaucoup de supports.
En principe cette situation, vu l'engouement pour la communication institutionnelle, devrait profiter aux médias pour renchérir les temps d'antenne ou les espaces dans les journaux. Malheureusement, si les annonceurs (politiques, institutionnels ou économiques) sont conscients de l'intérêt de la communication, ils ne sont pas prêts à en payer le prix, du moins au niveau national. Alors que certains ministères, institutions sociétés d'Etat sont prêts à payer des coûts très élevés de passage dans un média d'Europe ou d'Amérique, ils ne se gênent pas de brader les tarifs proposés par les médias locaux, les réduisant pratiquement en des mendiants de la communication, comme si la communication n'est pas une science noble et que la payer serait faire de l'aumône. B
ref, il y a chez les annonceurs béninois comme une sorte de commisération à l'égard des médias, ou alors une façon d'éviter de s'en faire des ennemis. Quand on pense ainsi, la communication devient juste une manne qu'on distribue aux médias sans tenir compte de la qualité et de l'efficacité de l'opération de communication qu'on mène. A la rigueur, on pense que l'acte de communication en soi, n'est pas l'essentiel, mais que ce qui est plus profitable c'est de partager la manne à tout le monde, même les médiocres qui ne se gênent guère pour la qualité.
D'une certaine façon, c'est une vision curieuse mais qui n'est pas de la communication. C'est un achat des consciences. Les médias sont déjà troublés par les contrats de communication qui leur imposent de ne jamais rapporter des informations contradictoires sur leurs partenaires contractuels en matière de communication publicitaire ou de l propagande politique, pour être soumis encore à l'achat des médias pour se taire, au détriment de la communication professionnelle et de qualité. Cette conception de la communication si « généreuse » et si «précautionneuse » soit-elle, est une menace pour la communication professionnelle et de qualité. Nos confrères qui sont dans les ministères surtout ceux qui ont travaillé dans les organes de presse et qui connaissent leurs difficultés à faire des recettes substantielles à partir des ventes, doivent désormais se concerter pour défendre la communication professionnelle au sein des ministères et pour faire pression sur les directeurs des ressources financières dont une bonne partie n'a aucun sens de la valeur de la communication.
Le ministre veut communiquer pour sa survie politique, les agences de communication qui vivent sur le dos des médias s'activent pour prendre leur part, les cellules de communication qui font de la générosité ou du copinage, et les directeurs des ressources financières qui n'ont qu'un piètre jugement sur la presse, forcent les organes de presse à brader le prix de la communication et à se faire hara-kiri, par une concurrence déloyale qui n'arrange en rien, leur propre situation financière, déjà précaire. Le marché étant étroit, il est de l'intérêt des médias privés de faire front pour la qualité de leurs prestations et pour garantir un niveau de prix honorable pour la profession.

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# Gepost op zondag 11 oktober 2009, 11u19

CREATION PUBLICITAIRE ET ARTISTIQUE AU BENIN: L'ELOGE DES CONTRE VALEURS

CREATION PUBLICITAIRE ET ARTISTIQUE AU BENIN: L'ELOGE DES CONTRE VALEURS



Si chaque jour que Dieu fait, la presse est critiquée pour ses dérives déontologiques, la publicité et la création artistique en général échappeent à tout code d'éthique et d'intérêt public au Bénin. Une situation d'autant plus délicate que toute disposition tendant à baliser le champ de la création artistique, ramène toujours à des expériences de censures historiques à connotation politique, morale ou religieuse. Donc, à une réaction répulsive vis-à-vis de tout ce qui tendrait à réguler la communication dans l'intérêt public(santé, éducation, morale, droits humains, tolérance philosophique et religieuse etc). Pourtant il faut des balises.

Par Léon BRATHIER

D'autant que sur le plan de l'éthique ou de la morale sociale, les espaces de liberté, du vécu et de l'expression, dépendent fortement du degré de permissivité de la société, de ceux qui en amont, en exercent le leadership social, professionnel, religieux, culturel ou politique. Plus ces leaders seront acquis à davantage d'ouverture vers les apports extérieurs et la violation des tabous, plus l'espace de mimétisme et d'adaptation s'agrandit, et plus également, augmentent les risques de dérapages. Il est vrai que c'est de la confrontation entre ces dérapages et l'instinct de défense des valeurs traditionnelles que se construisent les nouvelles normes plus ou moins maîtrisées.
Donc, on ne peut raisonnablement admettre l'exigence d'ouverture, comme source de dynamisme social, sans accepter aussi le contrôle au nom de l'intérêt commun, qu'il soit public ou individuel.. Raison pour laquelle, les communications publicitaires, la propagande, l'information, tout en grignotant les frontières de la norme sociale, doivent aussi veiller à ne pas déraper, dans ce qui peut porter atteinte aux membres de la société –moralement et physiquement- au point de vue de la santé publique, de l'environnement et du cadre de vie, de la vie familiale et sociale, des croyances, de la morale....Bref ne pas bousculer sans ménagement, des valeurs constructives pour la société.

L'ironie au service des contre valeurs

Dans le cadre de la santé publique par exemple, il est donc contre indiqué à la publicité de sensibilisation des citoyens sur les risques graves de l'obésité, des images, des sketches, des publicités de produits de consommation, surtout l'alimentation, des chansons et des clips vidéos, qui prétendent utiliser l'ironie, en affichant l'embonpoint « satisfait » d'un artiste bedonnant à outrance.

Le rôle du saltimbanque n'est-il pas de rire des m½urs sociales de son temps, avec comme objectif de changer les comportements peu valorisants, au lieu de les valoriser, et au risque de les renforcer comme une attitude, une façon d'être, acceptable et sans complexe ?
La création artistique, qui prétend utiliser l'ironie, doit pouvoir bien dégager la connotation négative qu'il y a derrière le mauvais comportement ou la mauvaise attitude, affichée gaillardement sous forme d'artifice pour attirer l'attention, mais présenté comme valeur par un artiste.
Et ce n'est pas sûr que la façon dont la plupart des artistes use de l'ironie et du comique sur un comportement ou une attitude négative -du point de vue de la santé ou du comportement en société- pour faire passer un autre message qui lui, est positif soit indiquée, pour susciter ou provoquer un changement.
Autrement dit, on se sert d'un mauvais exemple pour « vendre » une attitude positive. Que retient le public ? Le mauvais exemple, en distorsion au message positif. Si l'artiste X affiche fièrement son embonpoint sans complexe, pour en faire même un outil de focalisation de l'attention, sans l'accompagner de repères de négativité, il y a de fortes chances que le mal affiché soit insidieusement valorisé.

Entre le professionnalisme naissant et la débrouillardise.

La gourmandise comme l'alcoolisme qui sont de vilains défauts et qui tuent aujourd'hui, même des artistes, par la « mal-bouffe », sont considérés, de la façon dont nos créations publicitaires les présentent, comme quelque chose de risible mais toléré. Et il n'est pas à négliger que certaines personnes passives perçoivent ces attitudes mises en scène, comme une valorisation, un signe de l'aisance sociale, de l'autosuffisance alimentaire et de l'extase. « Il a un gros ventre, donc il mange bien et à suffisance, et il a la morphologie d'un grand quelqu'un, il en impose... ».
Or, dans les pays de grande consommation et de grande communication de masse on a pris conscience des effets de la publicité sur les mauvais comportements alimentaires, et des normes ont été instituées et imposées aux agences, pour préserver la santé publique. L'annonceur prévient désormais des risques que peut comporter l'usage excessif de ce qu'il vante comme produit (ex. le sucre, le sel, le tabac, le stress, l'inactivité, les effets toxiques etc) Il appartient au consommateur d'être attentif. Ce n'est pas encore la voie royale pour protéger le citoyen sans toucher à la libre expression, mais c'est déjà une prise de conscience et une manifestation de la reconnaissance de normes. Hélas, au Bénin, la communication et la publicité se font sur un boulevard, sans feu de signalisation, ni régulateurs. Les télévisions, la presse écrite et autres diffuseurs ne semblent guère manoeuver sur un terrain balisé. Tout est donc possible, seul le bon sens conduit la machine.

On voit bien que nos sociétés font usage des nouvelles technologies de masse, comme « quincaillerie » c'est-à-dire une mécanique, sans connaître souvent les préalables du contenu. Qui dit contenu, dit professionnalisme, mais surtout connaissance des forces et faiblesses de l'image, du gestuel, de la parole et de l'écrit, leurs influences et leurs effets réels sur l'individu et la société.
Que de contre-valeurs les feuilletons ne propagent-ils pas aujourd'hui sur nos écrans, sans que le cercle familial d'abord, envahi par les images passives de la télé, ne s'en soucie guère, et que certains de ses membres en viennent à vouloir en copier les modèles !

Pour des raisons évidentes d'intérêt public, non pas pour défendre la morale religieuse ou traditionnaliste, les créations artistiques, surtout lorsqu'elles ont le caractère de publicité de masse, de propagande politique, d'éducation de masse, ou de persuasion commerciale, devraient être astreintes à la régulation. Car, spécialement en ce qui concerne la publicité, la tentation est grande de franchir le rubicond, sans se soucier des dégâts directs ou collatéraux sur l'individu et la société, la cible étant la consommation à tout prix. Les spécialistes de la communication, et les opérateurs de la communication (qui sont souvent plus des praticiens s'essayant à la technique que de véritables spécialistes) seraient plus avisés de réorganiser leur secteur, de faire une immersion dans les connaissances théoriques et pratiques minimales qui permettent de les avertir des dérapages, des dérives au sujet de l'éthique de la communication et de la publicité. La plupart sont de vrais pionniers du secteur et ils font de leur mieux pour façonner ou appliquer les concepts et se soucier de la responsabilité sociale. Mais, tout ce magma n'est pas exempt de risques.
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# Gepost op dinsdag 26 mei 2009, 08u32

FORMATION DU 3IEME GOUVERNEMENT DE BONI YAYI : DIFFICLE OUVERTURE POLITIQUE



Alors que la formation du nouveau gouvernement est diversement commentée dans son amplitude que dans sa composition, on commence à cerner quelque peu l'état d'esprit qui soustend sa formation dans un contexte de bras de fer entre la mouvance présidentielle et les députés qu'on est fondé à appeler aujourd'hui l'opposition non déclarée. Mais pour comprendre et juger de la portée politique de la formation de ce gouvernement, il est important de tenter de cerner le caractère de l'ouverture que fait apparaître ce gouvernement de test pour une ouverture plus large et plus politique

Par Léon Brathier

Elle est définie par l'excellent dictionnaire Wikipédia, comme « le processus volontaire et maîtrisé par lequel un groupe organisé en mouvement, parti ou gouvernement permet à des acteurs minoritaires ou présentant des sensibilités qui lui sont opposées sur le spectre politique d'exprimer leur opinion et de faire avancer leurs idées en son sein et avec son soutien. En certaines circonstances, il peut s'agir d'une tactique visant à diviser l'adversaire ou à récupérer son offre programmatique. En outre, la méthode peut susciter des résistances au sein du groupe originel sommé de s'élargir » Cette définition résume toute la problématique de l'ouverture qui est nécessairement une décision et un acte volontaire et maîtrisé. Donc a priori dans cette logique, l'ouverture peut prendre plusieurs formes suivant de la plus restreinte à la plus large, suivant les objectifs de celui qui la met ½uvre. Pour Boni Yayi, elle est en principe destinée à décrisper le climat de fronde qui règne à l'Assemblée nationale qui met la majorité présidentielle désormais en minorité et constitue une menace permanente de blocage des projets du gouvernement qui ont besoin de d'instruments légaux pour être appliqués. Sur ce point le gouvernement actuel qui s'est étoffé de 30 membres est-il celui de l'ouverture qu'exigent les formations politiques coalisées dans les G4, G13 et Force clé ? Très certainement pas.


L'ouverture test

L'ouverture voulue par ceux-ci se situent à deux niveaux : il y a ceux qui réclament un certain partage du paysage politique ou tout au moins un modus vivendi politique telle que G4 et Force clé et ceux-là qui réclament des réhabilitations économiques ou des positions acquises qu'ils auraient perdus avec le régime du changement, c'est le cas du G13 qui étaient même dans un contrat d'alliance avec le régime avant même que ses membres estiment que leurs intérêts individuels, politiques et économiques sont menacés par le régime. D'où leur volte-face pendant les débats au parlement sur la composition de la Commission électorale nationale autonome et de ses démembrements dont les stigmates sont toujours mesurables à leur volonté de nuisance à l'Assemblée nationale. L'exemple le plus palpable de cette nuisance est le tour de force du G13 par lequel il réussi à focaliser l'attention des partis politiques traditionnels autour d'un front pour contrer les velléités hégémoniques du pouvoir à travers la Fcbe, et à cristalliser les membres des partis formant le G4, G13 et Force clé autour d'une solidarité frontale contre le régime.
Les défections des membres du G13 pour aller au gouvernement est une belle illustration de ce que peut être ce type de quasi pacte. Et qui dit G13 ne doit ignorer que derrière ces « enfants révoltés » qui ont permis après les législatives de 2007 de construire une majorité présidentielle à l'Assemblée nationale, il y a les grands ténors de la classe politique traditionnelle. Est-ce que ces anciens ont la possibilité de contourner les intérêts des jeunes leaders G ? Il semble en tout cas, pour le moment et publiquement, qu'ils soutiennent le G13. Alors, G4, G13 et Force Clé même combat ? Malgré les inconnus de 2011, on peut avancer que pour l'instant ce qui compte pour toutes ces forces, c'est de faire plier l'échine au régime, en lui faisant accéder aux points fondamentaux de leurs revendications économiques et politiques ou le décrédibiliser aux yeux de l'opinion nationale et internationale. Si le régime s'entête à les ignorer, les dossiers de développement envoyés au parlement par le gouvernement n'auraient aucune chance de passer. Pour ceux-ci qu'on est en droit, honnêtement, d'appeler désormais l'opposition –remarquable à l'assemblée nationale- l'ouverture se résumerait en une négociation entre le chef de l'Etat et eux, sur leurs revendications fondamentales. En somme, le fondamental de l'ouverture n'est pas tant les postes ministériels et administratifs à partager, mais une véritable participation au régime, négociée directement avec les instances dirigeantes des formations politiques de l'alliance G et Force clé. Pour le moment cette solidarité objective tient! L'ouverture opérée par le chef de l'Etat sur des critères qui ont plus pour but de satisfaire les populations et les besoins d'engagement derrière la vision du changement (répartition territoriale des nominations aux postes de ministres et appel à des compétences avérées) que d'accéder aux desiderata des G et Force clé est un acte volontaire et maîtrisé de chercher, en guise d'ouverture, les compétences, l'appartenance locale et les disponibilités individuelles susceptibles de l'aider à poursuivre dans la voie de changement sur la base d'un consensus minimum la poursuite des chantiers qui ont pour but d'arracher le Bénin à la fatalité de l'immobilisme.. Autrement dit l'intention derrière ce gouvernement n'est pas d'en faire une équipe politique d'unité nationale où tout le monde espèrerait être servi dans toutes ses revendications ou modifier fondamentalement la voie empruntée jusque-là par le changement.

Rechercher les voies de l'assouplissement

A peine trois ans de la fin de son mandat Boni Yayi a toutes les raisons de se demander les avantages réels qu'il tirerait d'une alliance qui lui ferait complètement virer de bord ou donner l'impression que l'échec du changement est consommé ; d'autant plus que rien n'est moins sûr quant à la fidélité des soutiens frais qu'il aurait obtenus de la reconstitution d'un régime à large consensus, avec les forces qui le combattent aujourd'hui tout en déclarant être de la mouvance présidentielle, comme si cette mouvance est aussi leur propriété. Les gages de la confiance que lui demandent aujourd'hui ses adversaires au parlement sont lourds et d'une certaine façon humiliante : laisser tomber Mathurin Nago, un fidèle et soutien sûr du chef de l'Etat au parlement, le sacrifier comme une victime expiatoire des fautes du président de la république, accéder à toutes leurs revendications économiques comme politiques. C'est comme si gagnant des élections présidentielle de 2006 et élu sur une vision de changement, on le forçait à abdiquer sa politique et sa vision et à remettre le pouvoir aux forces qui l'ont détenu toujours jusque-là. Mais, aujourd'hui, par des erreurs d'appréciation de départ, le régime du changement n'a autre alternative que de rechercher soit ce large consensus, pour juguler la tension politique avant 2011, sans y mettre trop d'espoir comme la clé de la réussite du second mandat, soit de garder la main, de poursuivre et d'assumer toutes les conséquences de son choix d'ouverture maîtrisée et de travailler à achever les chantiers qui sont porteurs de sa vision et de laisser son sort entre les mains de Dieu et du peuple.
Cependant, il y a une volonté réelle du régime à travers les recommandations du congrès de refondation de Fcbe à rechercher les voies de l'ouverture la plus grande possible. Le tout réside de part et d'autre dans les intentions politiques pour 2011, mais en attendant, il faut sauver les chantiers du changement. C'est la grande problématique de la recherche des meilleurs arrangements avec la classe politique et au parlement pour terminer le quinquennat dans la sérénité avec des résultats probants. Le régime devra-t-il faire sien cette philosophie des responsables chinois : « qu'importe la couleur du chat pourvu qu'il attrape la souris ».

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# Gepost op woensdag 29 oktober 2008, 07u19

Crise à l'Assemblée nationale du Bénin : la chambre des paradoxes


Les Evêques du Bénin, savent toujours s'entourer des précautions de langage qui ne vexent personne et qui permettent cependant, à chacune des personnes auxquelles leurs messages s'adressent de se reconnaître et de réfléchir à la rédemption, sans perdre la face, ni crier ou sombrer dans l'orgueil du bien-pensant ou du triomphateur. C'est toute l'année que chaque aspect du message des Evêques doit être disséqué, commenté, pour servir de texte d'éducation, de balises ou de direction de conscience à toute la classe politique et aux dirigeants et acteurs de la gouvernance politique. Ceci, pour qu'ils ne soient point aveuglés par les enjeux actuels ou prochains du pouvoir et de leurs intérêts personnels et égoïstes. La situation politique actuelle interpelle à plusieurs titres la responsabilité du régime et de la classe politique. Les députés du G4, G13 et Force clé sont embarqués au parlement dans une danse dont les pas sont d'une complexité qui défie toute raison : vilipender un gouvernement, lui faire des croc-en-jambe tout en se déclarant le soutenir... c'est le nouveau paradoxe politique au Bénin. Ici le mot opposition est comme un tabou !



Par Léon brathier

C'est humain, l'inquiétude ! Elle est la manifestation de la peur face aux événements qui bouleversent la vie individuelle, déstabilisent les habitudes et les positions acquises. Les agitations politiques à l'Assemblée nationale sont-elles objectives ? Oui, mais elles sont aussi subjectives, parce quelles sont porteuses de peur et d'insatisfaction face aux bouleversements politiques intervenus depuis 2006. Une psychose que le régime du changement, par sa gestion a réussi à produire dans les esprits, par les paroles et par les actes. Une bataille normale pour occuper le terrain politique ou sauvegarder des intérêts d'hier ou d'aujourd'hui, mais qui s'engluent dans le tourment des chocs politiciens. Les excès de langage et les défiances réciproques au parlement, s'ils sont le fruit d'un malaise et d'un fossé de la confiance, comme le font si bien remarquer les Evêques, ils pourraient être aussi les signes d'une man½uvre insidieuse pour affaiblir le pouvoir. Croire le contraire serait naïf.

Le paradoxe béninois : être sans être

« Je suis, mais je ne suis pas ce qu'on pense que je pourrais être et devrais être ; par mes paroles et mes actes ». On ne définirait pas mieux, la pensée des acteurs de la situation politique actuelle au parlement béninois. En France, et mardi dernier, les socialistes sans jamais déclarer soutenir le programme de gouvernement de Nicolas Sarkozy, et ayant toujours affirmé avec force et détermination, leur statut d'opposition, n'ont pas moins applaudi une loi du régime UMP(le parti au pouvoir et majoritaire au parlement) portant sur l'environnement.
Maturité démocratique, par rapport à l'Afrique, où généralement, dès qu'on a perdu les élections on se mue en une opposition systématiquement déstabilisatrice, espérant que le pouvoir entravé dans ses actions par les voies que la constitution a prévues, s'affaiblisse et tombe comme un fruit pourri que l'opposition n'a qu'à ramasser.
Est-ce la meilleure démocratie que celle qui utilise les voies constitutionnelles pour un coup de force politique ou parlementaire afin de prendre le pouvoir, sur des arguments souvent subjectifs ? Au plus fort de la tension politique au Bénin, certains n'étaient pas loin de souhaiter qu'on revienne à un passé que les Evêques ont qualifié de honteux et fait de coups d'état répétitifs. Est-ce là une maturité démocratique ? En Mauritanie, on peut se demander, si en bons démocrates les députés de ce pays qui a terni sa démocratie, sont fiers aujourd'hui d'avoir encouragé l'armée à prendre le pouvoir, à cause de querelles politiciennes. Apparemment, le débat démocratique portant sur des sujets de construction de la nation, de vision de développement, de projet de société, de conviction, n'est pas encore une culture dans les classes politiques sur le continent. On a bien vu dans quelle déstabilisation pour des règlements de compte politiques, l'un des modèles pluri-racial de démocratie africaine, l'Afrique du sud, s'est empêtré par une querelle politicienne qui est sur le point de décrédibiliser l'Anc, un prestigieux parti politique de lutte contre l'apartheid.
Oui, une des maladies infantiles des démocraties africaines, c'est toujours cette soif du pouvoir pour le pouvoir, le refus psychologique de toute alternance ou de tout débat constructif, même dans l'opposition, et qui ne soit lié à la frustration du pouvoir perdu ou de l'intérêt perdu, ou alors à la revanche. On ne peut aller dans le c½ur de nos parlementaires, comme on ne peut douter de leur bonne foi de contribuer par leur harcèlement du pouvoir, à travailler à le changer pour le bien du pays. Mais la question est de savoir, jusqu'où on peut dépouiller un pouvoir élu, sur une vision du changement, sans aboutir indubitablement à le vider complètement de son fondement, à bannir l'espoir dont il est porteur et pour lequel il est élu ?

La problématique de l'ouverture n'est donc pas dans le partage de postes

C'est là en somme, que la réflexion parue dans l'Autre quotidien n°1037, et venant d'une opinion libre du philosophe Pierre-Claver Okoudjou, connu pour la richesse de ses réflexions, s'apprécie dans sa justesse, même si elle semble tranchée sur les intentions réelles ou supposées de la classe politique, qui critique le régime et réclame une ouverture, sur des concessions nombreuses à lui faire. C'est dommage que du côté du pouvoir on n'ait pas assez tenu compte de sa réflexion et de sa mise en garde. Car, mieux aurait voulu ne pas proposer à ses pourfendeurs, un cadeau (l'entrée au gouvernement) qu'on sait qu'ils vont boycotter, car ils pensent que la bête est coincée, qu'elle panique et qu'on peut l'affaiblir davantage. Le chef de l'Etat a fait le sacrifice des meilleurs de ses ministres pour satisfaire une ouverture, avec finalement un effet d'échec.
Donc, sur ce point, faire entrer le maximum de ceux qui semblent en désaccord avec la manière dont le changement est conduit dans un gouvernement d'union nationale, ne résout en fait pas la problématique. Au parlement, sans faire de procès d'intention, on peut à juste titre, vu l'acharnement contre Mathurin Nago pour sa gestion supposée aliénée au président de la république, que l'animosité contre le chef de la mouvance est quasi irréductible et que le président de l'Assemblée n'est qu'une victime expiatoire.
Comptabilisant ces façons de penser et d'agir, il n'est pas certain que des cadres politiques qui ne partagent pas le style du président de la république et chef de l'exécutif, soient a priori prêts à se soumettre à une guidance du régime sans être tentés de le phagocyter ou de l'entraver. La problématique de l'ouverture n'est donc pas dans le partage de postes, mais plutôt dans la contrainte à partager le pouvoir à laquelle les forces en fronde soumettent le régime depuis des mois. Mais, sous quelle vision et quel soutien politique partager le pouvoir qui n'induiraient pas, pour le président de la république, à prendre le risque de dissoudre ses soutiens originels et fidèles au profit d'un conglomérat, certes consensuel, mais dont les desseins, les arrière-pensées, les objectifs finaux et le modus vivendi sont encore loin d'être clairement cernés.
Le paradoxe béninois d'une certaine mouvance, qui montre depuis plusieurs mois qu'elle n'est même pas mue par un soutien démarqué et critique, mais plutôt par des actes, des paroles et des attitudes qui, sous d'autres cieux, seraient ceux d'une opposition déclarée, est abasourdissant de complexité de notre classe politique et de ses m½urs. « Etre avec vous, sans être vraiment avec vous » relève d'une sorte d'autoflagellation bien que cela puisse être, là encore, un particularisme de la politique béninoise.
La démocratie béninoise a-t-elle ses raisons que les démocraties les plus expérimentées au monde ne connaissent pas ? C'est sûr ! Mais à condition que les politiciens béninois prouvent, à travers la crise politique actuelle, que le Bénin sait où il va avec sa classe politique, et qu'il ne sera jamais ni la Mauritanie, ni tout autre démocratie fragile du tiers-monde.
C'est à un réajustement réflexif que les Evêques invitent les Béninois, leur classe politique et le régime en particulier -avec des mots courtois mais forts en jugements sereins et justes- qui résonnent comme des mises en garde et un appel pathétique à l'amour du pays, à l'honnêteté, à la raison et à la tempérance, seules voies de salut pour notre démocratie qui se croit peut-être plus assurée qu'elle ne l'est en réalité]
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# Gepost op maandag 27 oktober 2008, 08u40

Gewijzigd op maandag 27 oktober 2008, 09u07