Quand le député est élu, il l'est en tant que représentant peuple, de tout le peuple béninois, sans distinction de sexe, de religion, de philosophie, d'appartenance à une ethnie ou région. Bref, le député est l'élu du peuple béninois qui l'a choisi non pas pour chercher au parlement une assurance matérielle personnelle ou une protection judiciaire par l'immunité que lui accorde son statut, et ce par la volonté du peuple inscrite dans la constitution et non pour user à sa guise du statut de l'élu sans tenir compte de l'intérêt général. Même si le système électoral s'accommode malheureusement du poids de l'argent, le député ne doit point se mettre dans la position de croire qu'il a acheté son élection et qu'il peut faire de son mandat à sa guise.
Si le parlementaire siège au parlement après son élection il devrait dans l'hémicycle, et en toute honnêteté envers ses élus, prendre la peine de les consulter, de temps en temps, surtout lors des débats sur des dossiers qui mettent en danger le consensus politique et le progrès du pays, afin de savoir leurs opinions, leurs aspirations sur la façon de traiter les problèmes soulevés. Autrement dit –vérité de la Palisse- un parlementaire qui jouerait bien son rôle de mandant du peuple et dans l'intérêt du peuple ne devrait pas d'abord faire des fixations sur la seule lutte majorité/minorité, mouvance/opposition ou sur les seules questions des avantages présents ou futurs sans retourner à la base.
Retourner à la base, expliquer en toute honnêteté les raisons qui le poussent à faire des choix contraires aux visions qui ont incité le peuple à voter pour sa liste qui lui permet de siéger au parlement. Dès qu'il devient parlementaire la logique et l'éthique voudraient que son souci majeur soit de travailler à protéger, à garantir, non seulement les acquis démocratiques mais à également à veiller sur les intérêts du peuple en faisant pression ou en donnant les moyens au gouvernement (projets de loi ou propositions de loi dans tous les domaines d'amélioration de l'environnement économique, social et politique, vote des lois de finance, interpellations de l'exécutif...) de satisfaire les grandes aspirations des Béninois. Ce sont essentiellement, la lutte contre la grande pauvreté(surtout la pauvreté monétaire) l'amélioration du cadre et du niveau de vie du maximum des citoyens, l'éradication du chômage, l'accès aisé à la santé et à l'éducation de qualité pour le maximum des Béninois, la lutte contre la corruptions, le réarmement moral et la lutte contre l'économie parallèle qui appauvrit l'Etat et le peuple, la protection des droits humains et politique, le bon fonctionnement de la démocratie, l'éthique dans la gouvernance politique, économique et sociale... Le député est l'½il du peuple et sa voix.
Pour cette raison, il devrait avoir ce souci de consulter le peuple, être à l'écoute de l'opinion, ne pas faire comme si, seul ce qu'il pense ou sa formation ou famille politiques édicte, suivant les intérêts du moment, qui doivent prévaloir sous le parapluie du peuple qu'il représente. Chaque groupe parlementaire, chaque député devrait se soumettre à ce sondage du peuple pour voir dans quelle mesure ses actions et ses prises de position sont encore en phase avec la volonté du peuple électeur.
Par quels moyens faudra-t-il le faire ? Il appartient à l'assemblée nationale, aux groupes parlementaires et au cabinet de chaque député, de sonder l'opinion sur les prises de position et les actions des parlementaires. Il y a des cabinets experts en la matière, mais pour des raisons de coûts, les députés peuvent aussi, en dehors de leurs tendances, avoir des canaux d'information assez fiables. Même si la presse en est un, elle n'est pas souvent assez neutre pour donner toute la quintessence de la vraie pensée de l'opinion publique. Cet exercice est utile parce que non seulement 'il rapprochera la représentation nationale du pays profond dans sa globalité, renforcera sa crédibilité et effacera cette impression que le citoyen moyen a de constater que tout fonctionne au parlement comme si seuls les intérêts des uns et des autres, étaient le soubassement du débat parlementaire. Les transhumances, les retournements spectaculaires d'alliances au gré des dossiers, les guerres de tranchées dans lesquelles on réussit à bloquer les débats, l'usage du règlement intérieur comme une arme redoutable...une impression de croc en jambe permanent. Dans cette ambiance de défiance et d'entourloupette répétitives, le parlement ne s'éloigne-t-il par de ses grandeurs historiques dans la représentation du peuple ? La mission parlementaire au nom de l'intérêt a besoin encore de réflexions et d'actions pour que les députés soient plus engagés pour le peuple.
